Allergie aux acariens : la montagne est-elle un vrai refuge ?

Allergie aux acariens à la montagne, lit avec vue

La montagne, en particulier au-delà de 1500 mètres d’altitude, est souvent présentée comme une zone « sans acariens », idéale pour les personnes allergiques aux acariens. Cette réputation repose sur des bases réelles : l’air y est plus froid et plus sec, ce qui freine la survie des acariens. Pourtant, certaines études récentes montrent que des allergènes peuvent malgré tout persister dans certains logements, même en altitude. Explications.

Altitude et acariens : distinguer les espèces inoffensives et les espèces allergisantes

Avant d’aborder la question des acariens allergisants en altitude, il est important de rappeler que tous les acariens ne sont pas allergisants. En milieu naturel, jusqu’à 1800 mètres d’altitude, on retrouve couramment des espèces d’acariens inoffensifs, comme les Oribates ou les Prostigmates. Ces acariens vivent dans le sol, les feuilles mortes ou la mousse, et se nourrissent de micro-organismes ou de matière organique en décomposition. Ils ne colonisent pas les habitations, ne se nourrissent pas de squames humaines et ne sont pas impliqués dans les allergies respiratoires.

Logements de montagne : un abri possible pour les acariens allergisants

Allergie aux acariens dans les chalets en montagne

Si les acariens naturellement présents en altitude , comme les Oribates ou certains Prostigmates, sont inoffensifs pour l’homme, la situation change dès lors que l’on passe du milieu extérieur au milieu intérieur.

En effet, une étude autrichienne (Grafetstätter et al., 2016)* a montré que des protéines allergisantes d’acariens, comme Der p1 et Der f1, avaient été détectées dans la poussière de logements situés au-dessus de 1500 mètres d’altitude. Dans certains cas, les chercheurs ont même identifié des acariens vivants appartenant à des espèces reconnues pour leur potentiel allergisant, notamment le Dermatophagoides pteronyssinus.

Cela ne signifie pas que tous les acariens trouvés en intérieur sont allergisants, mais bien que des espèces connues pour déclencher des réactions allergiques peuvent survivre en altitude.

Pourquoi ?

Parce qu’à l’intérieur des logements, les conditions sont bien différentes de celles de l’environnement extérieur.

Le chauffage, l’isolation renforcée, une mauvaise ventilation et la présence de nombreux textiles (moquettes, rideaux, matelas…) peuvent recréer à l’intérieur du logement un climat parfaitement adapté aux acariens allergisants : une température stable autour de 22 °C et une humidité suffisante pour leur survie, voire leur développement.

Les acariens ne viennent pas de l’environnement extérieur, mais sont introduits sans le savoir via des affaires apportées de la plaine : une literie non protégée, du linge non lavé ou des textiles infestés suffisent à les transporter jusque dans les logements de montagne.

Si les conditions intérieures s’y prêtent, ces acariens peuvent alors survivre et se multiplier, malgré l’altitude.

Le réchauffement climatique accentue le phénomène

Le réchauffement climatique contribue à l'adaptation des acariens en altitude

Le réchauffement climatique joue également un rôle dans cette évolution. En altitude, les hivers sont désormais moins secs et les températures moyennes plus élevées. Même dans des logements récents, l’humidité peut stagner à l’intérieur : forte isolation, ventilation inefficace ou mal entretenue, et longues périodes sans aération entre deux séjours favorisent un climat propice aux acariens. Autant de facteurs qui maintiennent un environnement propice aux acariens allergisants, même à plus de 1500 m d’altitude.


L’altitude seule ne suffit donc pas à garantir l’absence de risque allergique.

Et l’oxygène dans tout ça ?

On entend parfois que les acariens ne survivraient pas en montagne à cause du manque d’oxygène. Mais en réalité, leur métabolisme est très lent et leurs besoins en oxygène sont extrêmement faibles. Ce ne sont donc pas les conditions atmosphériques en elles-mêmes qui les empêchent de vivre en altitude. Ce qui gêne vraiment les acariens allergisants, ce sont le froid, l’air trop sec, et surtout l’absence de squames humaines dont ils se nourrissent. Dès qu’un habitat intérieur reconstitue ces conditions, leur présence redevient possible.

Conclusion

La montagne, en particulier au-delà de 1500 mètres, reste un environnement favorable aux personnes allergiques aux acariens, à condition de ne pas relâcher la vigilance à l’intérieur des logements.

Car si les acariens allergisants ne montent pas d’eux-mêmes en altitude, c’est bien nous qui les y transportons. Et dans certains cas, les conditions intérieures peuvent leur permettre de survivre, voire de se développer, malgré le froid et la sécheresse extérieurs.

C’est d’ailleurs ce que montre l’étude de Grafetstätter et al. (2016) : ce ne sont pas l’altitude ou l’humidité extérieure qui déterminent le niveau d’exposition aux allergènes, mais plutôt la manière dont le logement est conçu, équipé et ventilé. Literie non protégée, nombreux textiles, faible aération, etc.. Autant de facteurs qui peuvent, à eux seuls, favoriser la présence d’acariens allergisants, même en altitude.

La bonne nouvelle, c’est qu’il est tout à fait possible de profiter des bienfaits de l’altitude tout en limitant l’exposition allergique. Quelques précautions simples peuvent faire toute la différence :

Ces housses, fabriquées sous certifications ISO 13485:2016 (norme du dispositif médical), constituent une barrière saine et efficace contre les allergènes d’acariens, même en altitude.

* Grafetstätter C. et al. (2016) – No Concentration Decrease of House Dust Mite Allergens With Rising Altitude in Alpine Regions